Histoire du tourisme au Maroc

Histoire du tourisme au Maroc

Carrefour de cultures, creuset de civilisations et portail vers l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient, le Maroc a tant charmé les esprits par sa pluralité identitaire, sa diversité naturelle et son patrimoine historique dense. De la montagne au désert, de la Méditerranée à l’Atlantique et des plaines au littoral, le Maroc offre une diversité surprenante de paysages géographiques et de visages culturels.

 

Avec l’essor du tourisme dans le monde, ces atouts ont réussi à attirer les regards vers le Royaume. Aujourd’hui encore, ils continuent à aiguiser le mystère et l’attrait de la destination Maroc. Dans cet article, nous allons citer les différentes phases qu’à connu le tourisme au Maroc, afin de découvrir les circonstances historiques dans lesquelles ce secteur a émergé et évolué.

Débuts du tourisme au Maroc

L’époque du protectorat français (1912-1956) marque la naissance d’une véritable industrie touristique au Maroc. Les premières politiques touristiques ont été conçues par le général Lyautey. Elles visaient surtout à « offrir un endroit de repos pour les Français et les touristes fortunés. C’est ainsi que les investissements [étaient] orientés vers la construction d’hôtels de luxe afin de mieux répondre aux exigences des voyageurs » (Stafford, 1996, p.34).

 

Ainsi, cette époque a connu la construction de plusieurs unités hôtelières luxueuses destinées à accueillir ces touristes de niche telles que Balima à Rabat et la Mamounia à Marrakech. L’objectif de cette politique était également de mettre en avant les opportunités d’affaires qu’offre le Maroc auprès des investisseurs français.

 

Parallèlement, plusieurs établissements ont été créés dans la région du Nord, qui était, à l’époque, sous l’occupation espagnole.

Comité central du tourisme (1918 - 1937)

Etant convaincue du potentiel touristique du Maroc, et en vue de le développer, l’administration française a mis en place, en 1918, le Comité central du tourisme, dont la mission consistait à « étudier toutes les questions se rapportant au tourisme, tant à l’intérieur du Maroc, qu’entre le Maroc et l’extérieur, de rechercher tous les moyens propres à le développer, de suggérer toutes les mesures tendant à améliorer les conditions de transport, de circulation et de séjour des touristes » (Stafford, 1996, p.34).

Office chérifien du tourisme

Il a fallu attendre jusqu’en 1937 pour voir naître l’Office chérifien du tourisme, première institution marocaine ayant remplacé le Comité central du tourisme. L’office avait pour mandat de créer, de gérer et de contrôler les organismes d’accueil, de collecter les renseignements touristiques et d’assurer la préservation des monuments historiques. Deux années plus tard, éclate la deuxième guerre mondiale et les activités de l’Office furent alors suspendues. Le relais sera ensuite pris en 1946 par l’actuel Office national marocain du tourisme (ONMT).

 

En 1955, 265 hôtels ont été construits au Maroc, soit une capacité d’accueil de 7.677 chambres. Le nombre de touristes est passé de 150.000 à 253.000 entre les années 1949 et 1953. A cette époque, il s’agissait plus d’un tourisme de séjour ciblant une niche fortunée et restreinte, et organisé autour de circuits privés réalisés par des agences de voyages ou individuellement par les touristes. Ces circuits portaient souvent sur Fès, Meknès, Marrakech, le Sud vers Tafilalet, les oasis du Drâa et l’Atlas. Les stations balnéaires, notamment celles avoisinant les métropoles ou les zones occupées étaient plutôt fréquentées par des visiteurs locaux et non par les touristes internationaux.

Le tourisme au lendemain de l’indépendance

Le plan triennal (1965-1967)

En 1965, le Maroc a mis en œuvre une politique d’investissements massifs dans le secteur touristique. Celle-ci portait notamment sur des plans d’aménagements touristique dirigés par le ministère du tourisme, visant principalement :

 

  • L’augmentation de la capacité d’hébergement,
  • Le recrutement et la formation des cadres,
  • L’augmentation rapide du chiffre d’affaires.

 

Ce plan concernait la station d’Agadir, la Zone de Tanger, la Zone d’Esmir, la Zone d’Al Hoceima, et le circuit villes impériales : Marrakech, Rabat, Fès, Tétouan et Meknès.

En fonction des besoins de chacune des zones et de ses atouts touristiques, le plan a prévu différentes formes d’aménagement :

 

  • Construction de routes,
  • Reboisement,
  • Amélioration de liaisons téléphoniques,
  • Adduction d’eau,
  • Amenée d’énergie électrique,
  • Embellissement de villes,
  • Mise en valeur de monuments,
  • Etc.

 

De manière globale, ce plan a fixé les axes phares du développement des territoires, de la formation professionnelle, de la construction d’établissements d’hébergement, de la prévention de spéculation foncière et de la fixation de prix.

Le plan quinquennal (1968-1972)

Tout en conservant la vision du Plan triennal, le Plan quinquennal a cherché à populariser le tourisme de masse qui alors commençait à se développer. Aussi a-t-il prévu la mise en place d’équipements hôteliers de catégorie moyenne.

Le Plan quinquennal (1988-1992)

Ce plan visait à diversifier l’offre touristique nationale en développant de nouveaux types de tourisme, notamment le tourisme familial, le tourisme de montagne et de sports d’hiver, le tourisme rural, le tourisme de nature et autres.  

La nouvelle ère touristique marocaine

La Vision 2010

Lancée le 10 janvier 2001 à Marrakech, la Vision 2010 a marqué une transition dans la gestion du secteur touristique au Maroc. L’ambition derrière ce projet était de positionner le Maroc parmi les premières destinations touristiques dans le monde. A cet effet, la Vision 2010 s’est fixé les objectifs suivants :

 

  • Atteindre 10 millions de touristes à l'horizon 2010, dont 7 millions d'étrangers ;
  • Augmenter la capacité d’hébergement de 160 000 lits, soit une capacité totale de 230.000 lits ;
  • Former plus de 70.000 lauréats dans le secteur hôtelier et touristique.

Le plan Azur

Pilier opérationnel de la Vision 2010, ce Plan a été conçu dans l’optique de positionner le Maroc en tant que destination du tourisme balnéaire. Il prévoit la création de six stations littorales : Mazagan, Taghazout, Mogador, Lixus, Plage-Blanche et Saidia. Ainsi, un investissement global de 5 Milliards d’euros a été prévu dans ce plan censé générer 210.000 emplois.

 

Le Plan Azur ambitionnait de s’inscrire dans la durée en intégrant les dimensions environnementale, éco-responsable, et en mettant l’accent sur la concertation entre acteurs publics et privés.  

 

Même si la majorité des objectifs chiffrés de la vision 2010 n’ont pas été atteints, cette dernière a déclenché une nette progression dans le paysage touristique marocain.

La vision 2020

La Vision 2020 est une politique d’aménagement territorial de l’offre touristique.  Lancée en novembre 2010, elle porte l’objectif phare de doubler la taille du secteur, en se basant sur les valeurs suivantes:

  • L’authenticité, associée à l’image de marque « Maroc » et élément de différenciation des concurrents directs. La vision 2020 cherche à cultiver cet atout à travers la préservation et la mise en valeur des patrimoines culturels et naturels du pays.
  • La diversité : c’est la ligne directrice de la politique d’aménagement territorial qui vise à valoriser chaque région en fonction de ses particularités naturelles, culturelles et ses écosystèmes.
  • La qualité : la Vision 2020 vise à promouvoir la compétitivité de la destination « Maroc » par l’ancrage de la culture du service et la diversification d’animations.
  • La durabilité : par la préservation du patrimoine et la protection de l’environnement.

 

L’engagement pour la durabilité est un facteur stratégique du rayonnement du Maroc au niveau international. En effet, le pays fut à la tête du comité de pilotage du Partenariat mondial pour le tourisme durable, après son élection à la présidence pour la période 2013-2015.