La gestion du patrimoine culturel

La gestion du patrimoine culturel

Considéré comme levier du développement local, le patrimoine culturel constitue, aujourd’hui, un enjeu économique et social de taille. Il s’inscrit au coeur du débat sur le développement touristique et soulève nombreuses questions concernant sa préservation et valorisation.

 

Qu’est-ce que le patrimoine culturel?

 

Selon la Convention de Paris de 1972, portant sur la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, le patrimoine culturel consiste en :

  • Les monuments : oeuvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, éléments ou structures de caractère archéologique, inscriptions, grottes et groupes d’éléments, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science ;
  • Les ensembles : groupes de constructions isolées ou réunies, qui, en raison de leur architecture, de leur unité, ou de leur intégration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science ;
  • Les sites : oeuvres de l’homme ou oeuvres conjuguées de l’homme et de la nature, ainsi que les zones, y compris les sites archéologiques, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.

 

Le patrimoine culturel subaquatique

 

En 2001, cette définition a été peaufinée par la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique. Selon cette convention, le patrimoine culturel subaquatique consiste en toutes les traces d’existence humaine présentant un caractère culturel, historique ou archéologique qui sont immergées, partiellement ou totalement, périodiquement ou en permanence, depuis 100 ans au moins, et notamment :

  • Les sites, structures, bâtiments, objets et fossiles, ainsi que leur contexte archéologique et naturel ;
  • Les navires, aéronefs, autres véhicules ou toute partie de ceux-ci, avec leur cargaison ou autre contenu, ainsi que leur contexte archéologique et naturel ;
  • Les objets de caractère préhistorique.

Le patrimoine culturel immatériel

 

A partir de 2003, la notion du patrimoine culturel connaît une extension considérable. Elle s’est étendue, grâce à la Convention de 2003 de Paris, pour recouvrir une dimension immatérielle. Cette convention portant sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel définit ce dernier comme “les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et de la créativité humaine.”

 

Selon la même convention, le patrimoine immatériel se manifeste dans les domaines suivants :

 

  1. les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel ;

  2. les arts du spectacle ;

  3. les pratiques sociales, rituels et événements festifs ;

  4. les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers ;

  5. les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel.

 

La gestion du patrimoine culturel dans un environnement touristique

 

Aujourd’hui, le patrimoine culturel matériel fait pleinement partie de l’industrie touristique en tant que attraction pour les voyageurs. La gestion de ce patrimoine consiste alors à trouver un équilibre entre le développement de la dynamique touristique et l’exploitation des sites et monuments d’intérêt culturel, tout en veillant à la préservation des traditions, des arts des rituels, des savoirs et des savoir-faire constituant le patrimoine immatériel local.

 

Selon l'Unesco, la sauvegarde du patrimoine immatériel passe par “les mesures visant à assurer la viabilité du patrimoine culturel immatériel, y compris l'identification, la documentation, la recherche, la préservation, la protection, la promotion, la mise en valeur, la transmission, essentiellement par l'éducation formelle et non formelle, ainsi que la revitalisation des différents aspects de ce patrimoine.”1

 

En effet, l’activité touristique peut constituer un vrai levier de sauvegarde des patrimoines matériel et immatériel, en fournissant les fonds nécessaires à la protection et la mise en valeur de ces derniers.

 

 

1- http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=17716&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html